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Les pianos

Les collections du Domaine royal de Randan renferment six pianos, tous classés Monument Historique en 1991.

Ces instruments se distinguent par leur rareté sinon leur absence des collections publiques. Ils sont dus à des facteurs de premier plan : Swanen, Roller et Blancher,  Erard et Steinway.

Aux qualités individuelles de chaque instrument s’ajoute l’intérêt considérable d’une collection qui semble bien constituer un cas unique, bien que non programmé par ses propriétaires successifs. En effet, les pianos de Randan illustrent  toutes les étapes de la facture de piano  au cours du XIXème siècle -âge d’or de l’instrument- et reflète l’évolution du goût musical durant cette période.

La collection de Randan se caractérise aussi par l’origine anglo-saxone de la moitié des instruments. La présence de ce type de facture, fort peu représenté dans les collections françaises -concurrence oblige- témoignent de l’histoire des Orléans, famille parfois exilée à l’étranger.

 

Des instruments de salon

Il n’est pas question ici de ces impressionnants pianos à queues recherchés par les virtuoses du XIXème siècle mais de pianos droits ou carrés faits pour l’animation d’un salon, en l’occurrence celui du château de Randan. Ces instruments nous donnent à découvrir un patrimoine musicale domestique, intime, autrefois répandu et aujourd’hui méconnu.

Il ne faut pas commettre l’erreur musicale de considérer les pianos droits comme des instruments par défaut. Leurs qualités sonores, et même leur puissance, leur confèrent une personnalité autonome, souvent attachante : Chopin ne composait-il pas lui-même sur un piano droit Pleyel ?

 

Le piano de Madame Adélaïde ?

Parmi les quatre pianos, celui signé par Roller et Blancher se distingue par son luxe décoratif qui suscite immédiatement la curiosité. La tradition orale attribue la propriété de ce piano à Madame Adélaïde, sœur du roi Louis-Philippe. L’étude minutieuse de l’instrument, réalisée par Michel Foussard en 2002, a permis de préciser sa datation, vers 1845, rendant crédible son attribution à Madame Adélaïde.

La riche ornementation de ce piano mêle bois précieux, bronze et porcelaine sans nuire à sa qualité sonore. L’instrument présente le rare privilège de conserver tous ses éléments d’origine, garnitures comprises, dans un état tout à fait satisfaisant. Cependant, la fracture d’une partie de son sommier a obligé à son entier démontage lors de sa restauration.

A l’ouverture du piano, les restaurateurs ont eu la surprise de découvrir une note manuscrite décrivant la procédure pour accéder au cœur de l’instrument et démonter ses ornements sculptés. Le respect de ces consignes a effectivement facilité le travail de démontage du piano.

Piano droit ROLLER et BLANCHER fils, Paris, vers 1845.

 

En état de jeu 

Après une étude approfondie des quatre instruments, il a été décidé de tous les remettre en état de jeu. Ce type de restauration contraint, sans laisser place à l’arbitraire, à reconstituer les pièces disparues ou cassées, fort peu nombreuses dans le cas présent.

Cette remise en état de jeu a été préférée à une simple restauration qui aurait conduit à déposer certains éléments des pianos et aurait rendu délicate leur conservation. Quand elle est possible, la remise en état de jeu d’un instrument est plus favorable à sa bonne conservation car un instrument joué fait l’objet de soins attentifs, réguliers, qui ne sont pas toujours prodigués à un instrument devenu muet.

Les quatre pianos sont actuellement exposés dans l’espace d’accueil du Domaine.

 

 

Les instruments

Piano carré de Joachim SWANEN, Paris, 1798.

Caisse en acajou relevée de filets, gorge plaquée de citronnier, fronton des touches mouluré.

Piano à simple pilote, étendue de fa0 à fa5, deux cordes par note, mécanisme pour trois pédales : levée des étouffoirs, luth, levée de la fausse table.
 

Piano droit ROLLER et BLANCHER fils, Paris, vers 1845.

Riche décor mêlant bois précieux, porcelaines et bronzes. Deux figures féminines en bronze portent le clavier.

Piano à mécanique Roller et Blancher. Etendue de do0 à sol6. Deux cordes par chœur jusqu’à Si0, puis chœurs tricordes. Deux pédales : céleste et forte. Renfort métallique en A oblique, pointe à angle du bas de table.
 

Piano droit ERARD, Londres, vers 1867.

Sobre meuble plaqué en palissandre relevé par le dessin très fin des claires-voies.

Piano droit à cordes verticales, étendue de la-1 à la6, une corde jusqu’au si1, bicorde jusqu’au do2, puis tricorde. Mécanique à peigne sans tresse de rappel et sans liaison chevalet-marteau. Deux pédales : céleste et fort.
 

Piano droit STEINWAY & SONS, New York, 1905.

Meuble sobre de style nettement américain, de couleur claire (peu fréquent dans la production Steinway). Délicate et discrète marqueterie sur le panneau supérieur (nœuds, rubans, palmette, rosaces) ;  filets sur le panneau inférieur et les pieds.

Piano droit, cadre en fonte, cordes croisées, montage des cordes à cheval, trois capodastres, étendue de la-1 à do7, mécanisme à pilote réhaussé, deux pédales, unicorde jusqu’au fa1, bicorde jusqu’au do3, puis tricorde.

 

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