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Ferdinand d'Orléans

C’est à Ferdinand d’Orléans (1884-1924), dernier duc de Montpensier, que l’on doit l’exceptionnel Musée de la Chasse de Randan. Sa vie prématurément achevée peut être divisée en trois périodes :
 

LA JEUNESSE D’UN PRINCE

Ferdinand d’Orléans naît au château d’Eu en 1884. Son père, le comte de Paris, est le petit-fils du roi Louis-Philippe et le chef de la famille royale française. Sa mère, Isabelle d’Orléans, également petite-fille du roi Louis-Philippe, est infante d’Espagne.

Antoine d’Orléans, père de la comtesse de Paris et grand-père de Ferdinand décède en 1890. Il lègue à sa fille son Domaine de Randan et à son petit-fils Ferdinand son titre de duc de Montpensier.

En 1893,la comtesse de Paris prend possession de Randan où Ferdinand séjourne pour la première fois. On aménage pour lui une salle d’étude dans laquelle figure déjà des oiseaux naturalisés.

D’abord éduqué par un précepteur, Ferdinand est envoyé dans un externat, à Angers, de 1895 à 1897.

Interdit de service dans l’armée française, il obtient en 1898 l’autorisation du roi d’Espagne d’intégrer l’Ecole navale espagnole. Il poursuit sa formation militaire jusqu’en 1906 date à laquelle il quitte l’armée avec le grade de lieutenant de vaisseau.

C’est dans le cadre de la marine militaire espagnole que Ferdinand réalise en 1903-1904 un premier grand voyage qui le conduit en Amérique du Sud et en Afrique où il tue pour la première fois de grands animaux exotiques. Leurs dépouilles sont sans doute à l’origine du musée cynégétique de Randan qui est cité pour la première fois en juillet 1904.
 
Ferdinand d'Orléans en tenue de la marine espagnole,
devant le vestibule du château de Randan
 

LE TEMPS DES EXPEDITIONS

On désigne par « Belle Époque » la période qui a précédé le Première Guerre mondiale, moment d’expansion économique et de relative insouciance. Pour Ferdinand d’Orléans c’est également le temps le plus agréable et le plus intense de son existence.

En 1906, il part pour la première fois en Indochine. Ce voyage marque le début de sa passion pour cette colonie française d’Extrême-Orient où il séjourne à six reprises et où il se fait construire un castel.

En Indochine, Ferdinand veut faire œuvre de colonisateur en témoignant auprès de ces concitoyens des attraits de cette colonie. Il explore particulièrement l’Annam où il s’implante ;  surtout, il réalise l’exploit de relier Saïgon aux ruines d’Angkor en automobile afin de prouver que le tourisme est une ressource  possible pour l’économie locale. A cette occasion il plaide pour  la sauvegarde des vestiges des anciennes citées Khmers d’Angkor. Lors de ses expéditions, Ferdinand réalise des photographies et des films, parfois avec l’aide d’opérateurs. De retour en France, il utilise ces documents pour illustrer ses comptes-rendus de voyage où faire des projections lors de conférences  mondaines ou populaires.

Durand ses voyages qui le conduisent dans de nombreux pays, Ferdinand s’adonne à sa passion de la chasse, rassemblant de nombreux trophées.

En 1909, Ferdinand offre ses services au roi d’Espagne dans la guerre coloniale qui oppose ce pays au Maroc. Le prince, en qualité d’officier de marine, concourt à la campagne de Melilla et de Peñón de Vélez de la Gomera (Maroc). Tombé malade au bout de trois mois, il met fin à son engagement.

En 1912, l’Albanie s’émancipe de l’Empire Ottoman, proclame son indépendance et se cherche un souverain. Pressenti, le duc de Montpensier, se tient alors à la disposition de ce nouvel état. Quelques heures durant, il débarque secrètement sur les côtes albanaises malgré le blocus qui frappe le pays. Finalement, en avril 1913, sous la pression de la diplomatie internationale, Ferdinand décline toute candidature au trône d’Albanie mettant fin à cette aventure hasardeuse.

En 1913, Ferdinand entreprend un tour du monde sur sonyacht le Mékong. Il se trouve au Japon, quand le 2 août 1914  la France déclare la guerre à l’Allemagne. Dans la nuit du 23 au 24 août, leMékong croise un vapeur allemand - le Hannamethal - ; il ouvre le feu sur lui, l’oblige à se rendre et le livre à la flotte britannique basée à Weihaiwei (Chine). Ce sera son unique fait d’arme pendant la Première Guerre car aucune armée alliée ne l’accepte dans ses rangs.
Ferdinand d’Orléans chez les Moïs (Indochine), vers 1910.
 

LES ILLUSIONS PERDUES

Si en apparence Ferdinand d’Orléans essaie de tenir son rang de cadet de la famille royale, la dernière décennie de sa vie est marquée par le déclin physique et moral.

En 1914,à l’issue de son ultime voyage en Extrême-Orient, Ferdinand rentre en France en automne. Il a trente ans et deux scandales le menacent.

Le premier, qui transpire dans la presse, concerne ses difficultés financières : le duc de Montpensier est au bord de la faillite. Les voyages et les chasses ont fait fondre son patrimoine, tout comme sa passion pour les innovations technologiques (voitures, avion, cinématographe…) ou son train de vie flamboyant.

Le second touche à l’état de santé du prince. Comme de nombreux membres de la haute société, Ferdinand est morphinomane. Il semble qu’il est contracté l’habitude de consommer cette drogue à l’époque où il était aspirant dans la marine espagnole. Il ne parviendra pas à se défaire de cette accoutumance.

A la mort de sa mère en 1919,Ferdinand hérite de la plus grande partie du Domaine de Randan. En 1921, il épouse à Randan  Isabelle de Valdeterrazo, vicomtesse de los Antrines, fille fortunée d’un grand d’Espagne. Cette union  n’apporte pas la stabilité escomptée.

Isolé, soumis à l’influence de son entourage, puis à celle de son épouse, Ferdinand connaît une fin de vie pathétique. Il décède au château de Randan le 30 janvier 1924 à l’âge de 40 ans et est inhumé le 9 février suivant en la chapelle royale de Dreux. Si sa mort a pu être considérée comme suspecte, elle n’a pas surpris ceux qui connaissaient sa faiblesse pour les paradis artificiels et qui redoutaient depuis longtemps une fin prématurée.

Mariage de Ferdinand d'Orléans, duc de Montpensier, avec Isabelle de Valdeterrazo
 

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