Vous êtes ici

Partager

25 juillet 1830, 4 ordonnances qui vont conduire à la fin du règne du roi Charles X

 
 
Pour comprendre la situation politique de la fin des années 1820, il faut se remémorer que les 3 Glorieuses sont 3 journées insurrectionnelles au cours desquelles, le peuple de Paris entraîna la chute du dernier frère de Louis XVI, le roi Charles X.
 
En effet, en 1815, la chute définitive de Napoléon 1er ramène au pouvoir la monarchie en France, incarnée d’abord par le premier frère de Louis XVI, qui règne sous le nom de Louis XVIII de 1815 à 1824, puis, à sa mort, c’est leur frère cadet qui accède au trône sous le nom de Charles X de 1824 à 1830.
 
En 1815, après presque 30 ans de troubles révolutionnaires, Louis XVIII a la sagesse de ne pas restaurer la monarchie absolue d’Ancien Régime et instaure un régime de monarchie constitutionnelle et libérale qui ne rétablit ni les anciens ordres (Noblesse, Clergé, Tiers-Etat), ni ne rend au clergé les biens de l’Eglise nationalisés et vendus en 1790. En octroyant une “Charte” (sorte de Constitution) qui garantit quelques libertés et des institutions représentatives (Chambre des Députés et Chambre des Pairs), Louis XVIII s’allie la grande bourgeoisie sans s’aliéner le peuple.
 
En 1824 cependant, l’accession au trône de Charles X remet en jeu ce frêle équilibre car ce dernier est partisan d’un véritable retour à l’Ancien Régime et de la suppression pure et simple des acquis de la Révolution Française de 1789. Sous son règne, un virage “contre-révolutionnaire” ou “ultra-conservateur” s’opère. Ce dernier se fait d’ailleurs “sacrer” Roi à Reims en 1825 à l’instar de ce qui se passait sous l’Ancien Régime, voulant montrer par là qu’il tient sa couronne de droit divin et non de l’ assentiment populaire. Dans le même temps, les “libéraux”, plus ouverts aux idées démocratiques sans forcément être partisans du suffrage universel ou de la République mais plutôt d’un régime où les “talents” auraient leur mot à dire sur la conduite des affaires du pays, gagnent en influence. Ces derniers remportent ainsi les élections de 1827 à la Chambre des Députés.
 
En 1830, avant que ce terme n’apparaisse sur la scène politique, il y a donc une sorte de “cohabitation” entre un pouvoir exécutif ultra-conservateur (Roi & son Gouvernement) et une partie du pouvoir législatif qui est d’orientation libérale (Chambre des Députés). Ces derniers veulent une évolution du régime vers un parlementarisme “à l’anglaise”, avec un Gouvernement qui soit obligatoirement le reflet de la majorité élue à la Chambre des Députés alors que depuis 1815, le Roi peut former un Gouvernement sans tenir compte de quelle faction domine cette assemblée.
 
Le 18 mars 1830, la Chambre des Députés adopte une “Adresse” au Roi demandant implicitement la consécration du principe représentatif. Le Roi s’y oppose et dissout la Chambre des Députés le 16 mai comptant sur l'arbitrage du peuple pour reconstituer une majorité qui lui sera favorable. Mais à la surprise générale, les libéraux l'emportent aux élections du 23 juin et du 19 juillet. De surcroît, les libéraux se voient attribuer 274 sièges sur 402, soit 53 de plus qu'avant la dissolution. Le pays légal a donc ainsi désavoué le Roi.
 
Malgré la défaite du parti “ultra” que le Roi soutenait, le 25 juillet 1830, ce dernier tente un coup d’état institutionnel en publiant quatre ordonnances à Saint Cloud. Ces mesures comprenaient la suspension de la liberté de la presse périodique, une nouvelle dissolution de la Chambre des Députés, une réforme du suffrage favorable à l'aristocratie et la convocation des élections pour le mois de septembre. Ce 25 juillet 1830, en jouant son va-tout, Charles X fait basculer son règne.
 
Illustration : Sacre de Charles X, par François Gérard.